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MAE/CAB-1/KN
Fait à Abidjan le 13 septembre 2003
Le Ministère d´Etat,
Direction ONU et Institutions Spécialisées
Abidjan, le 18 septembre 2003
Excellence Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l´Organisation des Nationes Unies,
Excellence Madame et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,
C´est pour moi un plaisir renouvelé de vous acceuillir dans l´enceinte du Ministère d´Etat, Ministère des Affaires Etrangères pour procéder à la signature de l´Accord de Siège entre le Gouvernement de la République de Côte d´Ivoire et la Mission des Nations Unies en Côte d´Ivoire (M.I.N.U.C.I.) que vous dirigez. Il m´est particulièrement agréable de consacrer officiellement l´installation de la Mission de l´Organisation des Nations Unies en Côte d´Ivoire (M.I.N.U.C.I.) et d´offrir, dans le cadre de cet accord, les facilités et immunités visant à aider à l´accomplissement de son mandat.
La cérémonie de ce matin m´offre, une fois encore, l´opportunité d´évoquer les actions menées par l´Organisation des Nations Unies sous l´autorité du Secrétaire Général, S.E.M. Kofi ANNAN, qui, dès le déclanchement de la crise politico-militaire que traverse notre pays depuis un an, a apporté un soutien constant aux initiatives visant à la restauration de la paix en Côte d´Ivoire.
En effet, la Côte d´Ivoire a, depuis les premières heures du conflit, bénéficié de l´appui sans réserve de la Communauté internationale dans sa quête pour le règlement négocié de la crise.
L´Organisation des Nations Unies a suivi étroitement l´évolution de la situation en Côte d´Ivoire et condamné par la voix de son Secrétaire Général, l´utilisation de la force par les insurgés pour obtenir un changement politique.
C´est le lieu de rappeler et de saluer, de nouveau la réaction du Conseil de Sécurité qui, par une déclaration de son Président, a condamné fermement, dès le 20 décembre 2003, l´usage de la force comme moyen de changement de l´ordre constitutionnel en Côte d´Ivoire, tout en appelant avec insistance au strict respect de sa souveraineté et de l´intégrité de son territoire.
Il me plait ici de rappeler la présence du Secrétaire Général de l´ONU lors des pourparlers inter ivoiriens de Kléber après la signature, le 24 janvier 2003, des Accords de Linas Marcoussis.
Fidèle aux objectifs de la Charte, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté le 4 février 2003 la Résolution 1464, faisant siens les Accords de Linas-Marcoussis-Kléber. Il a ainsi appuyé les efforts développés par la C.E.D.E.A.O. et la France en faveur d´un règlement pacifique de la crise militaro-politique, eu égard à la grave menace que constitue cette crise pour la paix et la sécurité de la sous région toute entière.
Le Conseil de Sécurité, sur rapport du Secrétaire Général des Nations Unies, a également adopté le 12 mai 2003 la Résolution 1479 portant création de la M.I.N.U.C.I. pour accompagner la mise en œuvre par les parties ivoiriennes de l´Accord de Linas Marcoussis.
Monsieur le Représentant Spécial,
En vous nommant à ce poste, le Secrétaire Général de l´ONU a fait un choix judicieux qui favorise le dénouement heureux de cette crise. En effet, grand diplomate et fin négociateur, rompu aux réalités africaines et grand ami de la Côte d´Ivoire, vous êtes, Professeur Albert Téveodjré, la personne la mieux indiquée pour réussir cette délicate mission qui consiste à œuvrer inlassablement, avec discrétion, impartialité et compétence, au retour à la paix dans notre pays. Votre présence à nos côtés nous a été d´un apport inestimable pour l´application de ces accords, qui a abouti aux actions suivantes:
Il reste certes encore des difficultés évidentes à aplanir et des défis certains à relever. Dans les mois à venir, des dispositions seront prises pour l´adoption des amendements des lois sur le foncier rural, des conditions d´éligibilité à la Présidence de la République ouvrant la voie à des élections libres, transparentes et démocratiques.
L´objectif que poursuit le Gouvernement de réconciliation nationale est de mettre en œuvre intégralement et dans le délai prescrit, les dispositions de l´accord de Linas Marcoussis et d´Accra II.
A cet égard, il ne peut que saluer le retour à la phase II de sécurité dans la région d´Abidjan et à la phase III dans les zones sous occupation des forces nouvelles.
Ce retour permettra, j´en suis convaincu, une reprise rapide des activités opérationnelles de développement en faveur des populations affectées par cette crise sans précédent.
Il faudra néanmoins, des moyens adéquats disponibles afin d´éviter des retards dans l´exécution du programme national du DDR ainsi que la réunification totale du territoire, la reconstruction des infrastructures détruites par la guerre, la remise en état du système éducatif et sanitaire. Il faut une contribution conséquente de nos partenaires qui s´avère être d´une impérieuse nécessité pour un retour définitif de la paix et de la stabilité en Côte d´Ivoire.
Nous invitons par conséquent au respect des engagements pris à Kléber par les partenaires au développement et les pays amis. Monsieur le Représentant Spécial,
Je ne saurais terminer mon propos sans exprimer une fois encore tous les remerciements et la gratitude du Gouvernement ivoirien à la communauté internationale, aux organismes et pays amis ainsi qu´au système des Nations Unies qui se sont résolument engagés à nos côtés pour l´avènement de la paix et de la réconciliation nationale en Côte d´Ivoire.
Tout en vous réiterant mes vœux de plein succès dans l´accomplissement de votre mission en Côte d´Ivoire, j´aimerais vous assurer, Monsieur le Représentant Spécial, de ma totale et fraternelle disponibilité, de la collaboration de mon Département pour le bon déroulement de votre mission et sa parfaite réussite.
Je vous remercie.
Direction ONU et Institutions Spécialisées
Abidjan, le 19 septembre 2003
Excellences Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Voici un an, jour pour jour, que la Côte d´Ivoire se réveillait dans la stupeur et la consternation au bruit des tirs de mortiers et de canons. C´était la guerre. Nous avons connu une année de souffrance et de désolation avec des morts qui se comptaient par milliers, un million de déplacés, 400.000 réfugiés dans les pays voisins sans compter la destruction des infrastructures économiques et sociales.
Un an après, nous voici réunis pour célébrer la Journée Internationale de la Paix décrétée par l´ONU le 7 septembre 2001 pour permettre à tous les peuples du monde de marquer un temps d´arrêt pour apprécier leurs efforts en vue de promouvoir la paix.
Cette célébration revêt pour nous une importance capitale car elle nous permet, au jour anniversaire du déclenchement de la crise militaro-politique, de mesurer le chemin parcouru et d´envisager, avec optimisme et lucidité, les étapes qui restent à franchir pour restaurer définitivement la paix dans notre pays.
Je ne voudrais pas ici rappeler les détails du long chemin parcouru depuis le cessez-le-feu à Bouaké, les diiférentes médiations à Accra, Bamako, Lomé, Dakar pour conclure à Linas-Marcoussis et Kléber où les forces politiques ivoiriennes ont trouvé un terrain d´entente, le 24 janvier 2003, pour sortir leur pays de la crise.
Avec la nomination de l´Ambassadeur Seydou Elimane DIARRA comme Premier Ministre de consensus et la constitution du Gouvernement de réconciliation nationale qui vient tout juste d´être completé, le processus de paix et de retour à la normalité suit son cours de façon inéluctable, car l´Ivoirien est de nature pacifique et refuse de s´installer dans l´instabilité chronique.
Aussi, en cette Journée Internationale de la Paix, sommes-nous heureux de nous joindre aux peuples épris de paix à travers le monde pour exprimer notre profond désir de voir la paix restaurée dans les régions en conflit afin que les gouvernements puissent consacrer leurs ressources, l´énergie et l´intelligence des citoyens à l´avènement d´un monde de prosperité et de bonheur partagé.
Néanmoins, l´occasion nous est donnée de partager
quelques reflexions sur notre action en faveur de la paix:
Cela
implique que la paix imprègne quotidiennement nos actes, notre
attitude, nos déclarations. Que chaque Ivoirien et Ivoirienne,
grand ou petit, responsable ou simple citoyen, s´examine pour
voir s´il a contribué à la paix dans notre pays
depuis le déclenchement de la crise. Si ce n´est pas le
cas, il est temps de changer d´attitude pour créer un climat
favorable à la paix dans notre pays. cœur des hommes et c´est dans le cœur des hommes qu´il faut inculquer la paix”.
Cela suppose une éducation pour la paix, une culture de la paix depuis l´enfance jusqu´á l´âge adulte.
La campagne lancée par l´UNESCO vise à changer les reflexes belliqueux par la promotion de la tolérance, la charité, et l´acceptation de la différence raciale, religieuse et ethnique ainsi que la compréhension mutuelle.
La Côte d´Ivoire, qui a inscrit au programme scolaire l´éducation pour la paix dès la prochaine rentrée, entend faire siennes les stratégies de l´UNESCO consistant à:
La faim et la pauvreté sont le terreau fertile de l´instabilité sociale et politique. Une societé, qui produit des marginaux, des laissés-pour-compte, des désœuvrés, est une societé menacée. Promouvoir le développement économique et social de toutes les couches de la societé sans exclusive est capital pour préserver la paix. . Enfin, la paix est un choix politique. Il faut bâtir les fondements d´une nation sur la démocratie, la bonne gouvernance, les élections libres et transparentes, le respect des droits de l´homme, l´équité et la justice pour sauvegarder la paix.
Le dialogue et la négociation pour une solution pacifique des différends en lieu et place de la guerre s´imposent pour qui respecte la vie humaine et aspire à la paix.
Je ne voudrais conclure mon propos sans exprimer les remerciements du peuple et du Gouvernement ivoiriens à Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l´ONU, qui a bien voulu adresser au peuple ivoirien, un message spécial à l´occasion de la Journée Internationale de la Paix.
Je vous prie, Monsieur le Représentant Spécial, de l´assurer de notre engagement et de notre détermination à appliquer scrupuleusement les résolutions 1464 et 1479 du Conseil de Sécurité pour mener à bien le processus de paix.
Certes,
la voie est semée d´embûches mais avec patience et
persévérance, nous rebâtirons la nation ivoirienne
sur un socle solide, celui de la paix, de la justice, de la tolérance
et la fraternité vraie. |